Appel aux Trailblazers
Aselway naît à Essaouira. Le mot signifie “chemin” en amazigh. Ce n’est pas une association. Ce n’est pas une structure institutionnelle. C’est un mouvement vivant où design, artisanat, technologie et imagination se rencontrent pour transformer un territoire par actions concrètes.
Essaouira bouge. Des créatifs, des passionnés, des talents de tous horizons veulent faire bouger les choses. Aselway canalise cette énergie. Il ne la structure pas par hiérarchie ou bureaucratie. Il la structure par approche systémique : chaque action compte, chaque idée trouve sa place, chaque initiative s’articule aux autres.
Qu’est-ce qu’Aselway
Aselway n’est pas un projet. C’est un mouvement. La différence est opératoire.
Un projet a un début, une fin, des objectifs mesurables, un budget, un calendrier. Un mouvement n’a pas de terme fixé. Il avance tant que l’énergie collective le porte. Il ne cherche pas à atteindre un état final prédéfini. Il ouvre des chemins.
Aselway travaille sur sept champs simultanés : inclusion, écologie, innovation, économie locale, santé, culture, intelligence collective. Ces champs ne sont pas traités séparément. Ils sont pensés comme système. Une action sur l’économie locale impacte l’inclusion. Une innovation technologique sert l’écologie. Un projet culturel renforce l’intelligence collective.
Cette approche systémique refuse la fragmentation. Elle refuse les silos thématiques où chaque acteur travaille isolément sur “son” sujet sans voir les connexions. Elle impose une discipline : avant de lancer une action, se demander comment elle s’articule aux autres champs, comment elle nourrit le système global, comment elle évite les contradictions internes.
Approche systémique : ce que cela signifie concrètement
L’approche systémique n’est pas discours théorique. Elle est méthode de travail.
Concrètement, cela signifie :
1. Chaque action est examinée selon ses impacts multiples. Un projet d’artisanat local n’est pas seulement économique. Il engage l’écologie (matériaux, déchets), l’inclusion (qui y a accès), la santé (conditions de travail), la culture (savoir-faire transmis). Si le projet améliore l’économie locale mais dégrade l’écologie ou exclut certains acteurs, il crée une contradiction interne. L’approche systémique identifie ces contradictions avant qu’elles ne deviennent blocages.
2. Les acteurs dialoguent entre champs. Un designer ne travaille pas seul sur “son” projet. Il discute avec ceux qui travaillent sur écologie, avec ceux qui travaillent sur inclusion, avec ceux qui travaillent sur économie locale. Ce dialogue n’est pas consultation polie. C’est co-construction. Les projets émergent de ces dialogues, pas avant eux.
3. Les ressources sont mutualisées. Un atelier qui sert à un projet artisanal peut servir à un projet d’innovation technologique. Un réseau constitué pour l’économie locale peut être mobilisé pour un projet culturel. Cette mutualisation n’est pas économie de moyens. C’est création de synergies. Les ressources ne s’additionnent pas. Elles se multiplient.
4. L’intelligence collective structure les décisions. Aselway ne fonctionne pas par décisions descendantes. Il fonctionne par intelligence collective : ceux qui agissent sur un champ remontent les informations, les difficultés, les opportunités. Ces informations sont partagées. Les décisions émergent de cette mise en commun, pas d’un bureau central qui pilote à distance.
Cette méthode impose une discipline. Elle ralentit. Elle oblige à penser avant d’agir, à articuler avant de lancer, à vérifier les cohérences avant de valider. Mais elle évite les actions isolées qui se neutralisent mutuellement, les initiatives qui résolvent un problème en en créant trois autres, les projets qui mobilisent des ressources sans produire d’impact systémique.
Sept champs d’action
Aselway travaille sur sept champs. Non pas par ambition démesurée, mais parce que ces champs sont interconnectés. Impossible de transformer un territoire en n’en traitant qu’un seul.
Inclusion. Qui participe ? Qui est exclu ? Pourquoi ? L’inclusion n’est pas gentillesse sociale. C’est efficacité systémique. Un territoire qui exclut une partie de ses talents se prive de ressources. L’inclusion mobilise tout le monde : jeunes, femmes, populations marginalisées, artisans traditionnels, technophiles, autodidactes. Chacun apporte quelque chose. L’approche systémique identifie ce que chacun peut contribuer.
Écologie. Matériaux, déchets, énergie, eau. Chaque action produit un impact environnemental. L’écologie n’est pas thématique à part. Elle traverse tous les projets. Un projet artisanal utilise quels matériaux ? Produit quels déchets ? Consomme quelle énergie ? Ces questions ne sont pas posées après coup. Elles structurent la conception dès le départ.
Innovation. Technologie, méthodes, processus. L’innovation n’est pas gadget. Elle est résolution de problèmes concrets par moyens nouveaux. Un artisan qui n’arrive pas à sécher son bois correctement peut bénéficier d’une innovation technique simple. Un projet culturel qui manque de visibilité peut bénéficier d’une innovation numérique. L’innovation sert les autres champs. Elle ne se justifie pas par elle-même.
Économie locale. Production, distribution, revenus. L’économie locale n’est pas protectionnisme. Elle est autonomie. Un territoire qui dépend entièrement de flux extérieurs est fragile. L’économie locale crée des circuits courts, des revenus distribués localement, des compétences ancrées. Elle ne refuse pas les échanges extérieurs. Elle construit une base solide avant de s’ouvrir.
Santé. Conditions de travail, accès aux soins, prévention. La santé n’est pas séparée de l’économie ou de l’écologie. Un artisan qui travaille dans des conditions insalubres produit mal et coûte cher en soins. Un territoire pollué génère des maladies qui grèvent l’économie locale. La santé est condition de viabilité des autres champs.
Culture. Savoir-faire, mémoire, création. La culture n’est pas décor. Elle est identité productive. Les savoir-faire artisanaux sont culture. Les innovations techniques deviennent culture quand elles sont transmises. La culture n’est pas muséification du passé. Elle est transmission vivante, réactivation, réinterprétation.
Intelligence collective. Partage d’informations, co-construction, décisions partagées. L’intelligence collective n’est pas consensus mou. Elle est méthode de travail qui mobilise toutes les intelligences disponibles plutôt que de concentrer les décisions dans quelques têtes. Elle produit des solutions plus robustes parce qu’elles ont été testées par regards multiples.
Ces sept champs ne fonctionnent pas en parallèle. Ils s’entrecroisent. Chaque projet engage plusieurs champs simultanément. Cette complexité n’est pas désordre. Elle est richesse systémique.
Qui sont les Trailblazers
Aselway cherche ses Trailblazers. Le terme n’est pas métaphorique. Il désigne ceux qui ouvrent des chemins.
Un Trailblazer n’est pas un expert qui sait tout. C’est quelqu’un qui :
- Possède une expertise spécifique (design, artisanat, technologie, santé, économie, culture, autre)
- Veut la partager, pas la garder
- Accepte de travailler en système, pas en silo
- Comprend que son action s’articule à d’autres
- Préfère construire plutôt que critiquer
- Cherche impact réel, pas visibilité médiatique
Les Trailblazers ne sont pas volontaires occasionnels. Ils s’engagent sur la durée. Pas nécessairement à temps plein, mais de manière régulière, fiable, contributive. Ils apportent leur expertise là où elle est utile. Ils participent aux dialogues inter-champs. Ils co-construisent les projets. Ils transmettent ce qu’ils savent.
Cette implication n’est pas bénévolat moral. Elle est investissement dans un territoire. Les Trailblazers bénéficient directement du système qu’ils construisent. Un designer qui participe à Aselway accède à un réseau d’artisans locaux. Un artisan accède à des innovations techniques. Un technologue accède à des problèmes concrets à résoudre. L’intelligence collective profite à tous ceux qui y contribuent.
Appel : rejoindre Aselway
Si cette approche résonne, trois options :
1. Laisser un commentaire sur la publication LinkedIn ou le site web. Dire qui tu es, quelle expertise tu apportes, quel champ t’intéresse. Pas de CV formel. Juste clarté sur ce que tu peux contribuer.
2. Envoyer un message direct. Expliquer pourquoi Aselway te parle, ce que tu veux construire, comment tu vois ton rôle dans le système. Pas de candidature standard. Dialogue direct.
3. Participer à une première rencontre. Aselway organise des sessions de travail collectives où les champs s’articulent, où les projets émergent, où l’intelligence collective opère. Venir observer, écouter, contribuer.
Aselway n’a pas de bureau de recrutement. Il n’a pas de processus de sélection formalisé. Il fonctionne par reconnaissance mutuelle : ceux qui comprennent l’approche systémique se reconnaissent, se trouvent, se mettent au travail.
Le vent ne choisit pas sa direction
“Le vent ne choisit pas sa direction, mais il pousse toujours ceux qui avancent.”
Cette phrase résume Aselway. Le vent d’Essaouira — force naturelle, permanente, structurante — ne se contrôle pas. On ne lui impose pas une direction. Mais ceux qui avancent en bénéficient. Ils captent cette énergie. Ils la transforment en mouvement.
Aselway fonctionne pareil. Il ne contrôle pas l’énergie collective d’Essaouira. Il la canalise. Il offre des chemins où cette énergie peut s’investir, se structurer, se transformer en actions concrètes.
Le mouvement commence. Les chemins s’ouvrent. Les Trailblazers se reconnaissent.

